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LATHAKH

ed.2021

Chap.27 - Chap.28 - Chap.29

Big Mother

 

   Mais dans le petit bureau, Dodo est d'autant plus excitée par Eury. Elle a trouvé sa perle et plus en en pénétrant le mou doux, pense-t-elle, en tirera-t-elle ce qu'elle sait de Zénon.
   « Tu étais encore amoureuse quand tu l'as retrouvé en passant pour la femme de Mari ? »
   Eury craint plus que tout que sa révélation du secret d'Homopou soit découverte. Si elle cache quoique ce soit, Dodo va enquêter, déduire, trouver et finalement ruiner le reste de sa vie pour sa faute professionnelle. En lui donnant tout ce qu'elle veut savoir de l'enseignement qu'elle avait pris du psychohistorien, elle espère la distraire voire qu'au contraire elle paraîtra indispensable.
   « J'étais surtout émue d'apprendre et savoir si ses découvertes avaient progressé, commence-t-elle à raconter. Je l'ai connu quand il s'acharnait sur le formule H que tu as trouvée ; je n'ai pas voulu le dire devant Dévramor.
 – C'est un bon signe de fidélité, je t'en récompenserai. Mais cette formule m'intrigue. Qu'est-ce que Kelper cherchait ?
 – Il avait analysé la relation hippocratique et doutait qu'elle eut traversé le temps pour la simple raison d'un alibi moral ou puissamment sentimental..
 – Il t'en apprenait de belles
 – Au début je n'y comprenais rien. Mais lui doutait de tout pendant que l’École d'Infirmière m'apprenait la déontologie. J'ai tenu ferme aux deux, et pu réduire comme ça qu'Hippocrate sert bien l'alibi d'un semblant qui comporte seulement la solution cachée de la distribution de la drogue.
 – Tes lèvres ont un parfum aussi capiteux du bas qu'en haut mais varié comme d'un coteau à l'autre. Finalement tu m'a trouvée pour apprendre que c'est faux. »
   Eury sent la constante réclamation homosexuelle de son employeuse ou qu'elle se moque un peu de sa thèse ; l'important est qu'elle l'entende s'éloigner de l'épineux souvenir de la vidéo transmise à Zénon.
   « J'avais compris ce dont il cherchait à te persuader ; Dodo continue pour cacher au contraire qu'elle est impressionnée, mais tu vois qu'avec les papiers de la dissidence retrouvés, Hippocrate le phallocrate est mis au rang d'un marchand de phioles – Eury n'ose pas relever le lapsus gourmand sur sa lèvre inférieure – le phét est que la phormule doit signifier Hélène.
 – La dissidence féminine doit-elle admettre les ectogènes au cas où.. ? En profite-t-elle pour placer un fantasme pinçant pour la première fois pour Toll ; sa Capitaine pourrait-elle un jour, se joindre à elles sans équivoque et lui, paraître comme Pâris parut à la triple Hécate. Mais l'inspectrice troublée la rappelle à sa réalité.
 – Tais-toi nous n'avons plus le temps de parler de ça. »

   Tandis que le jour se lève sur Taire. Dodo s'est rendue au salon d'habillage où elle retrouve son masseur qui l'apprête à sa journée d'Inspection. Eury est, elle, sortie discrètement par l'escalier de service : pour revenir par l'entrée pointer. Nathalie redescend sur Taire pour un face à face avec le massématicien.
   Maintenant qu'elle a l'horde, elle a rappelé Thx qui lui ouvre sa porte. « Bonjour, je me souviens très bien, lui avait-il dit, vous avez des soucis pour l'éducation de vos enfants. C'est le papa ou le neuralant qui vous gène ?
 
C'est un peu plus compliqué ; je passe en vue de la horde mais il faudrait que je vous rencontre, » s'étaient-ils dits. Thx lui avait donné une adresse et aussitôt raccroché Nath se préparait.
   Maintenant le bus d'import la déposait en bordure de la zone où elle continuerait par ses propres moyens. La ville qui s'était fermée à la circulation semblait attendre une catastrophe. Elle remonta son col et s'avançait vivement guidée par son Nam. C'était peut-être un crépuscule qu'elle prenait pour une heure matinale. La population de Taire a encore changé en quelques jours. Ou bien tout en trottant elle repense à la cérémonie du neural dans la cité administrative qui n'avait encore rien du poignant de la vie des gens qu'elle découvre à présent. De partout elle sent, derrière les murs des tapages grossiers, dégueulant à la fenêtre, sur la misère. Des battements d'usine ou plutôt se dit la trotteuse, des moteurs géants. Les complotistes ne disaient-ils pas que la cité avait déjà décollé. En effet du bitume craquelé frayaient des plantes lacrymogènes germant d'éclats de grenades. La vie fuyait ? Il fallait les prudes traces de matraque ébréchant à jamais les murs, pour que Nath recolle à sa période étudiante, avant la tyrannie Pof du monde, pour mesurer l'empirage. Cette politique avait pour but de forcer l'élévation des masses. Mais les lois cybernétiques qu'elle apprenait, apprenaient qu'on les pressait comme deux doigts pressent un point noir, à se priver de mémoire. « On n'a jamais vu de points noirs voler » conclut-elle. Il fallait que ses quarante mille cinquante poupons qu'elle allait livrer, sortent de L'Une immunisés contre ces cosmétiques d'un outre âge.
   « Pourquoi 40.050 ? s'était enquis Thx une fois sa présentation faite. 
 – C'est un voyant aveugle qui me l'a expliqué.
 – Je vois. Alors que craignez-vous ?
 – Je me suis mise avec cet avatar. Ce n'est pas la question, je l'aime. Mais il ne pense qu'à un truc qu'il a construit et qui lui monte à la tête ; je crains.
 – Et ce truc regarde votre marmaille.
 – On peut le dire, je le crains aussi. Il appelle ça son APSO - Thx tousse. Il insinue qu'avec, des bouts de choux pourraient déjà savoir ; je veux dire savoir comprendre comme ça se gouverne. Et voilà que dernièrement il se met en tête avec son analyste, que son machin pourrait émettre une foule thérapeutique. Vous qui êtes spécialiste, est-ce que la massémathique peut le vérifier ? »
   Le temps qu'il met, c'est comme si Thx n'allait pas répondre. Son silence posé, il commence par vérifier Nathalie.
   « Vous en avez déjà vu ?
 – Des massémathiciens ?
 – Non, des APSOs.
 – Non.
 – Venez voir, » dit-il et il mène sa visiteuse par le couloir jusqu'au supposé produit de Toll. « Ne faites pas attention aux lapins. Ils jouent le rôle de la masse, je suppose. » Thx l'observe du coin de l’œil. Pas de doute se dit-il, c'est sa première rencontre - et psychiquement averti, il détecte un mouvement de jalousie que refrène la jeune femme.
   « Et ça ! Ça formule 'H' ! » grince-t-elle avec ironie devant l'indéfinissable forme.

   Au même moment, Dodo dans ses bureaux se fait parvenir le résultat d'enquête qu'elle a commandé sur une capitaine ectogène d'un vaisseau hors-espace-Taire. Normalement dans l'interplanétaire elle n'a aucun droit de poursuite. Mais un ectogène échappé renverse la régulation. Elle ouvre et stupéfaite, reconnaît sans un doute – elle vérifie tout de même par les archives internes – la dernière neuralante passée par ses offices. La coïncidence ne trompe pas ! Elle interprète aussitôt que Nathalie l'espionne et lance une alerte rouge. Aussitôt Nathalie surveillée est détectée dans le territoire Taire. 
   Elle zoome la requête : un bus-import vient de la faire pénétrer en ville. « Elle se dirige vers Thx ! »
   Au lieu de tomber à la renverse, Dodo se précipite en avant. Les secrétaires ont compris et commandent aux scaphandres. Elle arrive en trombe dans la salle d'enfilage. Engoncée, on scanne les derniers états. Les géographes l'informent : "Zone sécurisée" – "On n'entre plus dans la ville" – « J'irai à pieds ! Qu'on m'amène à la porte ! ». C'est ainsi que Dodo arrive au même point de passage d'où Nathalie une heure avant s'élançait au petit trot pour une bonne demi-heure de jogging. La population s'est réveillée depuis.
    Les habitants commencent à sortir pour manifester. Certains courent déjà mais la majorité reste arrêtée devant les murs. Une nouvelle technique d'orientation des foules à été installée durant la nuit. D'insoutenables hurlements de sirènes d'alerte envahissent les rues. Beaucoup de gens se tordent en se tenant la tête. Ils hurlent à l'unisson pour oublier Pof qui va briser les contestataires derrière leurs tympans. Dodo sort son implant réglementaire qui la protège ; elle a juste à serrer les dents. Aussitôt qu'elle passe son angle dérobé, le premier carrefour la jette face à elle sur une immense affiche. Couvrant toute la paroi d'un gratte-ciel, son portrait flanqué d'une hideuse expression, est affublé d'une moustache terrifiante. Ses yeux fous la paralysent et elle glisse et tombe à côté d'un aveugle mendiant. Elle crie de peur : « Mais qu'est-ce que c'est ?! » Elle ne s'est jamais vue comme ça. C'est défigurant.

   L'aveugle ne répond pas. Il grimace aussi dans le son strident. En se cachant la tête dans les bras, Dodo en boule commence à comprendre. C'est Pof ! comprend-elle. « Pof se sert de mon image pour hypnotiser les foules. Il leur livre la figure horrifiante qu'il m'a choisie. J'illustre le monstre de sa propagande meurtrière. Ils vont me reconnaître ! » L'inspectrice a réalisé qu'elle se trouve dans la lumière du matin au milieu de la foule qui découvre aussi les nouvelles affiches. Il y en apparaît sur chaque immeuble, les affiches couvrant déjà la ville entière. Espérant passer pour le chien de l'aveugle elle se sent mourir toute seule déjà. Qu'est-ce que ça sera quand ils vont la lyncher ! Elle doit réagir. Tremblante elle vérifie à nouveau, du regard sur ses yeux de folle. Ce n'estt pas un cauchemar ; c'est bien elle ! C'est un cauchemar : « L'haïe haine.. » s'entend-t-elle sourdement dire.
   Ainsi tel est le symbole que les publicitaires propagandistes lui font porter. « Le coyote ! répète-t-elle à l'adresse de Pof. Je te retrouverai et je te mange la tête ». Dodo reprend des forces. Elle remarque que des passants déjà portent sa moustache. C'est une houppette qui va devenir obligatoire. Restant blottie contre le mendiant, elle réalise que sans ce postiche, elle va se faire repérer. Peut-être descendre par des snipers anti-pas-pareils. Elle calcule en vitesse. Un quart d'heure à peine la sépare maintenant de ce point de l'immeuble de Thx qu'elle connaît. Elle rentrera sans difficulté. Tant pis ! Elle vole la canne de l'aveugle et fera semblant de s'en servir comme d'un bec désinfectant pour arroser les trottoirs. Elle passe pour une infirmière au moins, qui chasse des virus.
   Pompant pour semblant d'un bras, dardant de l'autre la canne comme un arrosoir, tête baissée pour repérer les microbes, Dodo zigzague le dernier kilomètre et s'en tire. Les robots de surveillance la confondent et les gens s'écartent en craignant l'infection ; beaucoup sont au milieu de la rue d'ailleurs en cherchant de l'air avec un plexus solaire crispé par l'alerte. Elle arrive enfin à destination dans un état indescriptible. Quant Thx ouvre, il trouve une loque à terre presque dans le coma gisant sur son palier. Pour une fois ce n'est pas un lapin, mais l'épreuve la brisée. Ils la reconnaissent ; avec Nathalie ils la rentrent et traînent jusque dans le couloir borgne d'APSO où il y a un peu moins de bruit. Elle pourra se recomposer.
   Nathalie va chercher de l'eau. Le son et les cris dans la rue se font au loin moins forts. L'alerte passe. Elle regarde par la fenêtre, la ville est couverte d'affichages immenses qui se sont déroulés des immeubles, où elle reconnaît la figure de sa rescapée. Dodo reprend peu à peu conscience entre un objet luisant qu'elle prend pour un réfrigérateur et des lapins qu'elle prend pour des hallucinations, pendant qu'un homme avec un grande aura verte lui tapote les joues et les mains. Une femme arrive. Elle reconnaît Nath et lui dit avec une voix rauque « Vous.. vous la neurale.. » en hésitant de s'évanouir à nouveau, ou bien prendre le verre qu'elle lui tend. Après un quart d'heure, ils se retrouvent tous les trois dans le salon. Dans le couloir Thx a fait les présentation « 
Mais rassurez-vous, c'est une Capitaine responsable qui pilote un avatar aussi... » Dodo qui grommelle entend à peine ; ils la portent presque, jusqu'au fauteuil où elle s'enfonce.
   « Je n'ai rien à voir avec cette horrible campagne publicitaire... l'Inspectrice des Obéissances ne se remet pas bien, de ça ou de ce qu'elle vient d'entendre. C'est Pof qui m'a fait un coup assassin. Il a fait ça sans me prévenir. Est-ce qu'il m'envoie un message ? demande-t-elle anxieusement à sa sauveuse qui la sent proche du Stockholm. Il a dit que vous étiez La capitaine ! ajoute-t-elle à Nathalie. C'est pour ça qu'il m'a travestie. continue-t-elle pour elle-même ; la culpabilité l'oppresse.
 – Ce n'est pas une moustache, c'est une houppette. Pof a lancé l'opération Tempête de l'Houppette Je l'ai entendu dire, explique l’Être Psychique pour la rationaliser, je crois comprendre ce qu'il veut faire. Il a fabriqué un virus. Tout le monde doit se mettre une houppette pour se nébuliser. Les industriels ont commencé à produire les substances.
 – C'est un obturateur utérin dévié ? – ; elle perd la tête. 
 – Non, une substance émulsive. Ça pulvérise le cerveau.
 – Mais pourquoi elle ? demande à Thx Nathalie qui réfléchit mais en fixant l'Inspectrice qu'elle connaît jusqu'aux tréfonds : Il cherche à distinguer l'ectogène..c'est ça ?
 – Et un machin qu'il appelle uxmpp, il paraît qu'ils collisionnent » irrupte Dodo qui se reprend de son mieux sans parvenir à saquer Nath. C'était le seul point qu'elle n'avait jamais disputé chez Pof : " Sus à l'ecto ! " Et voilà que c'en était une qui lui avait révélé son côté femme femme. De la rue on entend des attroupements conspuer l'affiche ; ils lui lancent des œufs dans les yeux, des vœux de lapidation. Elle est bientôt dans les spasmes.
   « Calmez-vous, conseille Thx rassurant, dès demain tous ces gens se mettront cette gaze sous le nez et ne pourront plus s'en passer. Des effluvent dopantes les persuaderont que vous êtes leur voie. Ils vont vous adorer.
 – Bon, moi, il faut que j'y aille, se lève Nathalie en ajoutant, c'est pas tout ça. Monsieur Thx, je dois convoquer mon équipage pour les informer de la situation sur Taire. Madame l'Inspectrice, j'espère que le féminisme l'emportera mais pour cela, la dissidence ne peut pas être récupérée. ». Elle fait allusion à leur prochaine rencontre dans la Horde dont elles ne doutent pas. Thx les épie, enregistre le moindre geste, la moindre insinuation. « Une nature cette femme ! dit-il quand Nathalie sort.
 – À qui le dites-vous,
 » gémit Dodo tentant de se relever.

   En commençant à descendre la cage d'escalier la Capitaine donne ses ordres à Lapareille : " je passe par le caveau du Zélé avant de remonter ; mettez-moi mode assidu – ainsi Lapareille la suivra ; et envoyer une voiture."  Le temps qu'elle sorte en bas de l'immeuble l'auto la prend à la porte. " Tout doucement " commande-t-elle à l'objet roulant – ses capteurs sont tout déréglés. La Tempête de l'Houppette dévaste tout ce qu'il y a de social. Les protestation n'ont pas manqué, les gens se strangulent pendus à leurs balcons. Tout le monde, sauf les pendus bien entendu – fruits étranges aux façades huppées – portent l'houppette maintenant. « Quelle puissance courbe les masses ! » se dit elle impressionnée « Je ne suis plus sure de Toll, mais son regard social sur les poupons me glace toujours. » La passion de Dodo et l'inoxydable Eury l'ont attirée. « C'est leur féminisme qui m'emporte.. » Sa lente et douloureuse observation traîne jusqu'à la porte du Chat qui Vole. Lapareille a prévenu, elle entre à vue. Miaou, lui dit l'ouvreur, que puis-je faire pour vous chatouiller ? – Je viens voir le bassiste – Il est dans sa loge ; avec cette tempête il n'y a plus de concert. Il referme la porte derrière elle et en lui grattant le dos la pousse au sous-sol. C'est efficace. Presqu'euphorique elle trouve Soissan qui fait des gammes. Le musicien est avenant aussi ; elle lui trouve un air de Toll.
   Alerte Attentive, entend la Capitaine dans son rocher, tentation de collision. Son navire lui a remis les pieds sur Taire !
   « Rassurez-moi, vous êtes un ucmpp ?!
 – C'est rare que ça rassure.
 – Mais vous êtes bien celui qui a volé les documents de Zénon, non ?
 – Ça ne vous gênerait pas d'expliquer ?
 – C'est l'inspectrice Dodo. » choisit Nathalie de dire franco. Ou bien il ne comprendra rien, ou bien il sait ce qu'elle veut. Effectivement en posant son instrument le bassiste s'agite intérieurement tant que les cordes vibrent d'elles-mêmes, grave jusqu'à ce qu'il parle.
   « Je n'ai pas peur. Ma guitare imagine, essaie-t-il d'expliquer.
 – C'est un bel instrument, répond sa vise-à-vise pour un accord.
 – Vous m'avez trouvé. C'est bien mais je ne suis plus seul. Vous venez pour l'Houppette ou vous avez d'autres nouvelles ?
 – Va pour l'Houppette.
 – Ils vont diffuser un aldéhyde ; c'est la seconde phase. La guerre se joue sur l'hormone.
 – Je suis cybernéticienne.
 – C'est le b.a.ba alors, vous devriez comprendre. » Le musicien se lance : « La guerre d'une seule armée ne peut pas jouer sur le code. Elle peut faire des dégâts, personne n'en doute. Mais elle ne peut emporter de décision que par l'interface système. Chacun va tremper sa houppette cinq à six fois par jour.
 – Ils peuvent faire faire ça ?!
 – Les doigts dans le nez... il pense.. c'est le cas de le dire, parce qu'eux se protègeront. En attendant on peut faire faire n'importe quoi aux gens. Ajoutez des parfums personnalisés et ce n'est même plus la peine d'y penser. Par l'olfactif, c'est la grande porte. Entrer par l'anus c'est de la vieille propagande. Le bulbe est le Graal pour ceux qui veulent le bien du peuple - tirer leur bien du peuple, nous entendons bien. »
   Nathalie est impressionnée par tant de cynisme lucide. Le bien du peuple, c'est son porte-monnaie. Mais puisqu'en fin de compte c'est lui le responsable ; que lui restera-t-il d'Eux son bien-même s'étant volé ? Telle est l'ampleur.. Quelle ampleur ! elle renifle un coup. Elle a peine à le croire du genre humain.
   « Ils n'ont même plus besoin d'écouvillons ? avance-t-elle timidement.
 – Vous avez compris. C'est une expérience synaptique qui a mal tourné. Pof a voulu taper dans les circuits synthétiques ; il n'a réussi qu'à mettre du synthétique dans le système nerveux de sa population.
 – Ça ne peut pas s'arrêter ça, s'alarme son interlocutrice.
 – À moins de connaître la musique. »
   Il voit Nathalie comprendre en les regardant, lui et elle, sa guitare.
   « À moins aussi de savoir ce que signifie APSO. »
   En voyant l'artiste tout à coup là triste, la capitaine comprend qu'ils ont la formule H sans savoir où la mettre.
   « Écoutez, je vous donne ma carte, je dois rentrer.
 – Cendrillon ?
 – J'ai des bébés. Vous devriez comprendre. »

 

- suite -