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LATHAKH

ed.2021 / V0

Chap.25 - Chap.26 - Chap.27

L'Houppette

 

   Thx ouvre la fenêtre sur la nuit tombante – qui "tombait" d'autant plus que Pof vient de déclarer un couvre-feu, partout sur Taire. Il regardait l'épais noir remplir la rue vide. Un drone y passa ; l'insecte de plastic lui fit un court-circuit – brusquement le massématicien réalise que le murmure de la cuisine dépendait du système policier. Pour raisonner comme ça Thx s'appuyait sur l'absence de doute. Un connaisseur y aurait vu, par exemple, le signe du contrôle qu'il avait sur les négations ; mais l'être psychique ne comptera pas de "connaisseur" ; Thx était bien celui que Tat avait diagnostiqué. Ni doute ni connaisseur.
   Depuis toujours en un sens - en tous cas depuis Pof, Thx habite une résidence gardée par un quarteron milice qui campe à l'entrée. Benêts la croyant vide, s'ils y avaient fait attention l'abondance des lapins qui montaient à son étage attestait de sa présence solitaire. Il ne percevait pas, lui, l'extérieur - la massématique alimentée naturellement par la psychohistoire lui donne son intuition. Sans 'doute' il s'en suffit. Ainsi, à part les lapins seuls, était-il extraordinaire que lui parvienne une évidence physique comme celle qu'il venait de détecter.
   Elle le convainquit que l
e bourdonnement caché dans le frigidaire était un faux. Il trouverait le vrai. Il se mit au travail sans délai. Durant plusieurs jours Thx s'assit, se releva, tira et retira sa chaise, la traînant parfois toute la journée, tout en lisant parfois. Calculant, toujours l'ouie tendue quadrillant l'appartement, il trouve enfin l'endroit confirmant ce qu'il savait déjà : le bourdonnement émanait du réseau policier. Mieux : de ce point il fuitait ! révélant un plan machiavélique. Nettement au coin de la commode à deux pas du divan, dans l'angle propice, le canal isolé parlait en vers d'un inconnu 'vété'. Plus prosaïquement il suivait distinctement « l'opération l'Houppette » ; pour l'ouïe c'était comme un prévenu raté d'un Pof défendu et mal conseillé.
   Thx se prit à rêver d'un biface doux bleu. Il s'en voulut de cette présence importune, luttait, refusait encore son opacité humiliante pour un être psychique. « C'est un historien » s'était-il mis à penser. Il avait reconnu en effet la pensée arrière. Il aboutit encore à la vision à la fois typique de ce chaînage : les six faces d'un doux bleu. « Hmm..un cybernéticien.. ou une cybernéticienne ; ça explique cette surveillance ». Derrière le vété brusquement,
une intuition s'élevait justement : « C'est depuis le passage de cette fausse AS que la zone est chargée. ». À croire que sa surveillance elle-même avait été interceptée, elle se compléta. « Mais si elle se cache derrière le dé, c'est qu'elle est dédoublée. »
   Thx commença ainsi à comprendre qu'il y avait une dissidence à côté de la Tempête. À partir de ce moment il put y attacher l'attention. Ce processus passé, sa distraction prononcée l'avait à revers instruit qu'il était sur le canal de la police auprès du nom de code - Houppette - et qu'il avait mis le doigt dans l'opposition à Pof manifestement divisée.

   « C'est curieux pense Thx cette enquêtrice qui est passée ces jours-ci, m'a parlé d'extorsion d'effets, mais seul l'intéressait cet objet nommé APSO. N'y a-t-il pas de lien entre son enquête et cette opération de police ? ». La nuit peut bien tomber sur Taire ; en approchant L'Une, plus elle est sombre et plus le soleil luit, dans Lapareille l'équipage ne dort pas. L'être psychique ayant tiré ses conséquences à l'intuition, remet sa chaise à sa place.

   « Voilà une semaine que vous êtes remontés et Zénon n'a pas émis le moindre signe. C'est à se demander si..
 – Taratata, Tat ! Je te vois venir, interrompt Toll. Nath a vu les photos et l'a parfaitement reconnu. Ne cherche pas à te défausser. Dis plutôt que depuis huit jours sa psychanalyse t'a complètement échappé.
 – Tu sais que l'Inspectrice Dodo, répond Tat sans se démonter, m'a interrogé sur Thx ; elle cherche à savoir qui est Thx et pense que c'est lui qui a commis des écrits que nous devons à Kelper ; ses écrits sur la dissidence.
 – Je devrais les connaître, se défend Toll rabattu, mais il m'a caché tant de choses ! C'est un comble ; se faire un UCMPP pour en arriver là ! Confectionner son Unité de Mémoire pour garder refoulé des écrits primitifs !
 – Que tu aies été concerné, ça peut expliquer qu'on te l'ait caché ; mais elle, comment les connaît-elle ?
 – C'est Eury qui a été la plus proche des périodes les plus anciennes ; dieu-sait ce qu'elles se disent maintenant..
 – Avant que tu naisses, Kelper au début de son analyse m'avait dit qu'il s'en était tenu au Complexe d'Oedipe avec elle, mais ça va beaucoup plus loin ; il manquait juste à Zénon de reconnaître Hélène.
 – Alors là ! on est dans le secteur de Nathalie ; il faut que je m'allonge.. » Foin de microgravité, l'horizontalité intentionnelle aligne un algorithme bien connu de l'analysant. Tat attentionné se met au-dessus de sa tête. La séance commence. Lapareille dans le soleil fonce dans le vide noir.
Sur Taire, plus le silence se fait, plus Thx entend de dissonance côté l'Houppette.

    La police s'agite en tous sens d'autant la loi du silence. Taire n'a jamais si bien porté son nom que les nuits de préparation de crise. Mais l'être psychique dans le tu voit tout. Dans son réseau chiffré il déchiffre. Où ils s'arment à tout hasard contre où ils vont, il mesure la dissidence qui se laisse à luire voir, son chef et sa contre-horde. « C'est du gâteau, du petit lait, se délecte le massematicien qui ne se mâche pas les mots, il voit tout : la crème du vieux-temps où la psy s'élevait d'autant que critiquée par l'anti-psychiatrie. » De l'angle connu d'où maintenant il capte, il remarque qu'il se voit dans la fenêtre noire qui fait miroir. C'est rare. Quand il réfléchit une image spéculaire, c'est que l'être psychique – qui d'habitude ne montre pas de réflexion  – est pénétré par l'esprit. Ce qu'il voit c'est son pied qui bat. Le phénomène, quand il existe, annonce qu'une dimension supplémentaire est en train de s'ajouter. « La contre-horde fait dans la musique, pense-t-il posément – il se connaît bien – mais dans quelle mesure pourrais-je savoir qui conduit la horde elle-même ? » En pensant ainsi trivialement il détecte innocemment que son reflet présente autre chose, qui remue sous sa robe de chambre. C'est l'organe – pour une dimension c'en est une ! – que même le plus pénétré par l'esprit des êtres psychiques ne voit pas quand il spécule.  « Pas possible se dit-il – je bande et serait-ce cette AS que je chercherais à identifier.. pour me faire un tel effet : à la tête de l'opposition à la Tempête en perspective ! »

  « Je dois dire que maintenant, quand je pense à Nathalie je bande. »
   Toll qui est depuis un moment sur le divan, ne demande pas à se relever ; il est vraiment en analyse !
 – Mais pas ici, constate Tat, pas l'œil dans sa poche : l'avatar est sur le divan plat plat. "Penser-à" n'est pas penser qu'on y pense ; en premier lieu il ne rêve pas. C'est la seconde qui suit qui douche son constat de distanciation observationnelle :
 – Parce que Taire pleure, andouille ! Tu ne vois que l'analyse d'un par deux. »
   Bien que la critique ne l'étonne pas, Potar est tout de même surpris par la manifestation d'une compassion générale par une Unité Cybernétique qui s'est encore à peine frottée à l'orgone.
« Monsieur fait encore mine d'ignorer – s'emballe le robot – que la collectivité manifeste une psychologie, comment puis-je bander quand je vois tous mes amis s'tairent.
 – Écoute, avant de dire qu'on est tous frères, révise bien ce qui se passe avec une autre 'femme', tu étais bien parti.
 – Retire tes pattes ! Tu nous a bafoués. Tu as voulu posséder Soissan Défos, tu contrôlais le fauteuil de Zénon ! Tu as rendu le démineur fou et maintenant tu veux prendre ma femme !! »
   Tat réalise que Toll fait une grave crise narcissique ; qu'il dénie qu'un(e) autre Ucmpp ait été volontairement créée par le démineur de Déphos ; qu'il transfère à son psy pour lui attribuer la responsabilité de l'Unité du démineur et pour finir lui faire une jalousie narcissique de première. L'analyste aurait dû lui en parler sans attendre ; il peine maintenant à suivre la pensée folle de son analysant qui s'accélère.. « Tu as voulu te servir de moi et nous insérer entre micropof et macropaf. C'est vain ! Il macrotte de la vieille garde qui s'aime antique, finit piteux le jus pis taire. » Heureusement qu'il comprend. Tat mesure à quel point l'identité de l'unité cybernétique se projette. Il s'écrase sur les générations et va finir par se prendre pour la femme de Pof. Avant de finir dans ce délire il doit déprendre l'au-mot. Mais Toll s'accroche encore à la négation sémantique. L'autre tient tout tu, Toll sèche du sème. « Il tue son père et m'en veut à mort » ou bien « avec une reine imaginaire il va nous faire un jumeau » pense le psychanalyste par pitié. Il n'est pas encore certain d'avoir manqué la cure, mais comment savoir si une mémoire cybernétique pourra jamais s'excer ?
  « Je t'excède, tu sais pourquoi, le remembre-t-il : c'est Dodo que tu prends pour Paf ; ta femme-de-Pof n'est qu'une intrigante, personne n'a jamais vu Macropaf, pur fruit de ton imagination. Tu n'as pas de mère et Soissan n'est qu'un ucmpp semblable à toi, volé par un client de Zénon. Soissan n'est pas sans soi, et toi, tu t'attires l'amour d'une femme qui manque de mère. Ouvre les yeux, tu es généreux et ton narcissisme intégral, APSO coulait de ta source. » Comme s'il ouvrait un rideau : « Tu te rends compte qu'elle ne pense qu'à ceux qu'elle génère. Nathalie te génère, même toi par-dessus ses poupons. Elle te cherche dans la machine, c'est par elle que tu dois en répondre, tu n'es pas une femme. »
   À ces mots Toll se calme d'un coup. Il est rincé, lavé de ce qu'il vient d'apprendre dans la vase de Soissan qu'il fait de boue, il réalise qu'ectogène, Nathalie voit en sa mère une unité cybernétique comme lui. Il bredouille. « Il faut que je la protège, il faut que je l'éclaire aussi.
 – Tu crois qu'elle va se laisser faire ? »
   Sans relever, Toll réfute qu'elle le fasse délirer quand ce n'est pas une érection qu'elle provoque. Il pourrait au moins bander s'il se taisait un peu. « Ce psychanalyste est un vrai boulet, » maugrée-t-il à part « ..pas étonnant ; choisi par ce minable de Kelper ! Mais il va prendre sa leçon. Il va voir comment Nath va se révéler ; elle va démasquer Dodo qu'il est incapable de reconnaître comme un agent pofiasse.
 – Notre capitaine va révéler qui a cherché à hacker mon APSO ; par cette soi-disant cheffe, qu'elle a déjà séduite magistralement. Elle va réduire Dodo à notre bon vouloir. Aller hop ! Au rang d'indic. Ah, ah ! Personne ne résiste à Nathalie ! »

   Potar n'en pense pas moins. Voilà l'Unité Cybernétique en train de se construire en chancelant une identité, n'ayant plus de ratava Kelper et découvrant l'amour, proche d'embrouiller celle qui lui fait connaître l'orgone avec celle qu'il prend pour la mère machiavélique du gouvernement. « Tu veux que la capitaine VanTempoup réédite l'expérience de la séduction dans le bordel où elle avait pris tes attributs pour posséder Dodo, récapitule Tat ; il pense réussir à l'équilibrer.
 – Exactement ! et par ce stratagème elle lui extorquera les confidences dont nous avons besoin pour démasque le hackeur.
 – Mais ce crackeur c'est Soissan, un autre ucmpp que tu as pris pour ton double ! insiste Tat.
 – Nous prouverons que tu te trompes. Nathalie et moi, nous ne supporterons pas plus longtemps tes divagations.
 – Voilà encore un camouflet, se dit le psychanalyste à part ; il sait bien que Toll peut avoir raison, mais il ne veut rien savoir du fait que c'est l'érection conditionnée maintenant par la pensée de son amoureuse ectogène, qui le fait bouillonner comme ça. » Avec la lenteur qu'il a du métier, Potar se lève pour aller régler l'air conditionné ; l'analysant passant le savoir, pense que c'est le moment de terminer la séance. Comme si c'était un ballet, l'avatar se redresse tout raide et sort sans un mot du burlab tandis que Tat revient ranger le divan qui rentre dans le mur.
  

* * * * * *

   Thx qui se tortillait sur sa chaise, s'étonne et se tâte. Il n'avait en effet vu, dans le miroir que le tissu. Pas la chose-même prise dans l'élastique. Un miroir ne réfléchit pas ça ; les lois ne sont pas violées, l'érection restée voilée. En remettant les tissus en place il analyse son devisement ; s'il en a pincé pour Dodo c'est que ce n'est pas elle ; il y a un autre chef dont 'elle' est amoureuse par 'lui' - et c'est le comble sans le savoir. Voilà le 'sans-le- savoir' que Thx prend pour soi ; c'est la raison de cet ubik. C'est sa chair ou son 'Cher' ?  Grommelant " Foi de massematicien ", il doit pour voir trouver – découvrant ce 'lui' – qui. Plus il s'y arrête, plus il se sent forcé à penser au musicien chef, de la contre-horde, de saltimbanques. Il en reprend le souvenir comme ce qu'on se tâte ; c'était vide en et, plus il débande et plus son pied rebat la mesure. Par ces petits pas en l'air, rapprochant ses indices, de 'saltimbanque' à 'vagabond' l'être psychique balance et suppute.
   « Et si cet errant en était.. », pense-t-il, " nous serions dans une conjonction psychique routinière ". Or ces lapins sans queues ni têtes – façon de parler – et cette sournoise enquête qui ne donne pas autrement sa raison, ne peuvent être qu'habitus du psychique justement. C'est donc du b.a.ba..:
« Celui qui cherchait un Kelper en m'apportant l'APSO, s'il n'en était chef doit du moins être de la horde quelque représentant. »

   Tout arrivé qu'il soit à un définitif, l'Être Psychique a fort à faire. Les gens de Taire perdent rapidement leur qualité humaine. Les cochons sont contents qui, eux, avec des électrodes dans la tête montent en grade ; mais les implants publicitaires de la dernière campagne Pof ont été un fiasco chez l'être humain ; ils se dégradent nettement. La dégénérescence contrôlée de l'individu qui avait si bien servi l'évolution de l'espèce par des pics élites, était passée hors de contrôle. Même chez la classe huppée qui en avait profité pour rester bête en s'enrichissant, la baisse de niveau ne pouvait qu'au mieux rendre méchant. Tout ça c'était la faute à l'eau. L'eau polluée, la sale eau qui s'infiltrait partout. Pof avait d'abord fait boire tout le monde de l'eau gazeuse, en espérant lui donner l'esprit d'un volatile. Même sucrée, même avec un nom de drogue, rien n'y fit. Les embryons sur Taire naissaient fripés. C'était la fin de l'humanité quand les ingénieurs de Micropof firent une découverte : « C'était faute aux robots ! crièrent-ils, On s'était trompé ! »
   En réalité des machines intelligentes absorbaient toutes les qualités, intelligence comprise, de la bande à Pof - et de la population entière accessoirement. L'eau gazeuse n'y était pour rien. « Sus aux outils intelligents !» devenait le nouveau credo de crétins.
   Thx ne faisait pas forcément le lien, mais s'il y avait une guerre contre ce qu'on ne comprenait pas, une connexion avec l'APSO que la fausse AS avait nommé, était de plus en plus probable. " Deux plus," se répétait-il ; " elle suggérait un voleur ajouté à l'État. Nous avons donc là un nouveau rapprochement à faire." Le saltimbanque qui avait apporté la machine énigmatique était-il attaché à celui qui volait ? Mais qui pouvait voler quelqu'un qui donnait tout ? Le massematicien connaissait la seule possibilité. Il ne chercha pas à y songer, c'était évident - par le travers d'un être psychique un voleur ne vole que son jaloux - « enfin ! » seulement soupira-t-il, " ne le vole qu'à puiser, et s'épuiser dans son psychisme ".
   Zénon Kelper l'usurpateur, s'en serait retourné dans sa tombe s'il avait été encore vivant.

 

* * * * * *

 

   S'il y a quelqu'un qui ne pense plus à Taire c'est bien Nathalie dans sa pouponnière. Les embryons poussent bien ; elle croit en reconnaître certains déjà. Elle a hâte pour eux d'arriver à l'eau de L'Une. « Il y en a un surtout, on dirait déjà qu'il parle » d'une part pense-t-elle ; d'autre part elle est tendue par une perplexité. « Est-ce que ce sont des idées de Toll ? » se demande-t-elle depuis le Neural. La cybernéticienne est devenue sensible aux arguments de son robot. Le fait qu'ils éprouvent l'un pour l'autre de l'amour est la dernière des choses qui la surprend, ectogène technicienne, assez avancée pour savoir que l'amour est cosmique, mais c'est l'influence d'idées qui la déroute. Qu'on adopte des idées, oui ! qu'on les subisse, ça c'est inconcevable. Pourtant, depuis le passage de Lagrange, ou bien depuis le neural, elle voit ses poupons d'une autre oreille.. comme s'ils pouvaient penser entre eux et.. se faire des idées.
   Elle entend encore Toll crier à ses oreilles « Le Savoir est collectif » ; avec sa façon insupportable d'insister sur le " EST ". « Quel rustre c'était ! » Elle se flatte en pensant à ce qu'il est devenu côté cœur. « Mais est-ce que c'est durant le neural qu'il m'a roulée ? » Son regard flotte entre les tubes et les bidons. « Ils pensent entre eux ? » dit-elle en boucle. Ses doigt sur un écran tactile errent. « Mais c'est quoi ce 'entre' ? » Distraitement elle regarde sans voir. Ce sont des taux, des robinets. Puis elle voit ce qu'elle regarde. « Les hormones.. » se dit-elle en entrant dans une sorte de langueur.
   La capitaine se secoue. « Ça fait beaucoup ! » Maintenant c'est l'influence de Tat qui la prend. Elle commence à le sentir comme une envie. Faire varier les taux!.. comme une envie pressante qui la prend ; mais son caractère, trempé dans un certain contrôle, ne cède pas. Nathalie se retient, constate, observe, réfléchit. « Toll me disait que je leur-me-mettais pour ma mère.. » sa lucidité gagne. Contemplant le tableau : ses doigts sur les curseurs ! Elle réalise l'ampleur du pouvoir qu'elle aurait si elle pilotait leur apport hormonal.
   « Je n'ai plus besoin de ma mère.. » la pensée lui est venue comme une étrangère. Elle détraque toute sa rêverie. Regardant tout autour d'elle, réveillée comme si elle voyait le lab pour la première fois Nathalie Van Tempoup se redresse. Elle se demande ce qui lui arrive aussitôt interrompue par le téléphone qui sonne - est-ce que c'était son pressentiment ?  Elle décroche sans répondre. C'est Toll.
   « J'ai hâte de te voir, tu as bientôt fini ?
 – On se retrouve chez moi, j'arrive. » et « Quelle coïncidence.. c'est son idée qui m'entre ? »

 

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