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LATHAKH

ed.2018 - arc

Chap.10 - Chap.11 - Chap.12

..et l'analyse mène à l' APSO

 

- I -

   Dans l'espace dépourvu de matière et de pesanteur, l'équipage de Lapareille se trouvait graduellement envahi par la logique de ce qu'il n'y a pas, c’est à dire de la négation et de ses appuis sur ce qui manque pour entourer ce qu'on cherche.
   Il y a peu de choses qui soient aussi certaines qu'un silence qu'on n'entend pas – qu’on soit certain qu’on ne l’entend pas du moins, même s'il manque.
   Par exemple, lorsque l'attention de Dodo fut détournée de Zénon pour se porter sur Toll, le premier ne perçut pas que rien ne l’observait plus en silence, mais il fut certain que quelque chose clochait. Comme il ne pouvait savoir quoi, il se saisit de n'importe quoi. Comme négation c'était médiocre mais il tint jusqu'à ce qu’un appel téléphonique fisse enfin l'affaire : un inconnu s'était présenté comme agent recruteur ; il lui avait demandé s'il était bien psychiatre ; il avait rectifié "psychohistorien", et puis plus rien.
   C'était Dodo qui avait changé son fusil d'épaule ; mais Zénon n'en savait rien. Il rattacha ce téléphone-sans-suite, à un incident du Lao. À l'époque un recruteur l'avait appelé et de la même manière sans suite. L'agent d'alors lui avait dit qu'il allait informer sa directrice avant de le rappeler et comme par hasard; quelques jours plus tard la direction d'un hôpital d'Histoire portait plainte contre lui.
   Depuis le récent appel ce souvenir le hantait.
   Pour les navigateurs de l’espace ce silence par défaut du son de cloche, était retentissant de la structure du moi. Sur Taire, un psychohistorien le faisait d’expérience ; ça clochait sans son.

   Pour soulager son angoisse, Zénon pense à devancer une attaque potentielle. Le premier indice est cet appel sans suite. Il ajoute les trois visites toutes étranges reçues ces jours derniers, et qu’il récapitule :
   D'abord il y eut un Soissan Déphos
venu chercher un UCMPP. Il s'était acharné sur la lettre-clé d'Eury. Moins spectaculaire mais troublant, Kelper avait ensuite essuyé une tentative d'escroquerie à l'assurance, montée par un Jacques Laquette au comportement bizarre et disparu trop facilement. Enfin il avait reçu cette visite de Eury avec un Mari. Ils n'avaient pas pu parler du mail supposé anonyme qu'elle lui avait adressé, et elle avait entrepris un extravagant réaménagement de son intérieur avec l'assistance de son mari. Trois personnages donc, plus une ancienne maîtresse.. Quelle équation tirer de cela ? Et que produirait-elle en y ajoutant in fine l’appel anodin d'un recruteur sans suite ? Rien n'eut lieu ni ne se produisit ; Zénon déduit qu'il lui manquait encore une hypothèse. Il remonta dans le passé. L'attaque de l'hôpital au Lao, depuis si longtemps n'avait jamais trouvé d'explication ; était-ce là l'origine de tout ?
   En tournant en rond et sur lui-même dans son bureau, il attrape un traité de Lapan qu'il feuillette nerveusement. Lapan est toujours utile quand on cherche, il ne dit jamais quoi faire. Effectivement ça l'exacerbe et il réagit à la frustration : première mesure à prendre : téléphoner à Laquette - histoire d'une vérification. Aussitôt raccroché, « c'était prévisible » pense-t-il après-coup : au numéro de la compagnie d'assurance, le téléphone répond qu'il n'y a pas d'abonné. Il aurait dû le faire plus tôt mais maintenant, la décision n'attend pas. C'est par là qu'il va commencer :
   Zénon s'installe dans son fauteuil à vide, celui dans lequel Dephos avait failli devenir fou. Quelques gouttes de base opiate, deux d'acide catalyseur, et voilà son moteur qui se met en route. Il change de cartouche, retire « Une sandale en Bohème
», l'aventure de Sherlo Kolmes de la dernière analyse, et insère l'inaugural de Lapan, « La Vidéo Capturée ». Le voilà en mesure d'attaquer le problème suivant la stricte méthodologie de Dœuyl et Freud ; sans pareille littérature, c'est partir à l'aventure, comme à la chasse au bison sans fusil. C'est déjà assez périlleux comme ça. Maintenant qu'il est allongé dans le fond de la coque, le trou de mémoire commence. De l'herbe rouge commence à envahir le champ visuel de Kelper, puis, venu comme un rayonnement faucille, elle part en petits éclats tandis que s'installe le SexTemps lapanique.

* * * * *

   Déjà bien avant son analyse, l'ambition du psychohistorien avait été de naviguer au sextemps. À son époque de relativité générale, le Sextant Tychonique datant de la géographie céleste ne suffisait plus. Pour se mettre à jour il avait cherché Tat Potar et sa psychanalyse. Il avait alors connu le lapanique qui allait au fond du 'temps-logique' ; réussissant à s’y accrocher par une harnache au sexe. Tat lui précisa que le Sextemps s'oriente sur trois personnages, identifiés dans Lapan qui les avait identifiés dans les écrits de Lapoe. Il s'agissait d'une reine, d'un roi et son ministre. Zénon les voit défiler dans son imaginaire solarisé par la plongée en cours, avec au milieu d'eux, une lettre qui arrive, annonçant la fameuse dimension de Lapan.
   Le temps-logique, comme un océan primordial se souvient-il, se démontre par espaces-temps, au nombre de trois et strictement les mêmes. Mais le sextemps transforme distinctement, chacun des trois qui n’étaient là que pour réfléchir. Quand une lettre leur arrive, tous les sels de la curiosité, de la suspicion et de la jalousie s'ajoutent. Une frénésie de rapports sexuels sont tirés sur des planètes en ébullition et l'astronome de la Renaissance, Tycho Brassé, peut remballer son "tychonique" à la levure. Zénon soupçonne que ce soit ce qui était arrivé avec ce mail reçu d'Eury, précipitant la série des trois visites. Le premier n'avait-il d'emblée jeté son dévolu sur cette lettre-clé ? Mais ça ne s'était pas passé comme prévu ; l’Océan primordial ne détruit pas la lettre. Soissan, lui, oui. Mais à part ça, c'était d'une similitude confondante, jugea-t-il en poursuivant.
   La psychanalyse prédisait qu'après Soissan viendrait un fonctionnaire puis de nouveau la négation d’un fourvoie. Zénon voyait donc typiquement Laquette suivi de Mari. Le seconde en premier cherchait à racheter l'immeuble, l'autre à tendre un voile sur la cour centrale. Comme si on pouvait trouver une lettre disparue en achetant sa bibliothèque ou à l'inverse, en cachant sa disparition derrière des tentures. L'Histoire Extraordinaire de Lapoe se déroulait en superposition avec tant de précision qu'on ne la voyait plus. Tout y était jusqu'au jeu de la fenêtres et de sa distraction. Sauf que le fauteuil à vide se détraque. Zénon qui dans cet état n'a plus de perception qu'intuitive, par réflexe tire la poignée d'alerte. Suite à cet évènement, soit il est éjecté et au pire, se retrouve dans le salon sonné - soit c'est le fauteuil qui trouve une solution. C'est ce dernier cas qui se passe :

   Par coïncidence, le programme précédent était un Sherlo (la Sandale, on vient de le dire) et tous ses cookies sont encore chauds. Dans un grand bruissement tout de même, la même scène se rejoue mais à l'envers. C'est la preuve rare, et la certitude exceptionnelle qu'on est dans le sextemps ! Les rôles s'inversent. Là où Lapoe misait une reine, un roi et son ministre, les imagos de Dœuyl sont devenus un roi (à la place de la reine), une reine (à la place du roi) et la maîtresse du roi (à celle de celui qui reste). Quelle aventure ! la fusion des cartouches dans la mémoire du fauteuil souligne encore la dimension lapanique ; le décors aussi est changé. Où l'histoire de La Vidéo baignait dans une sauce anglaise, le psychohistorien trouve cette salade en Bohème. Le siège de Prague ! Immédiatement il se souvient de l'époque où Descartes lisait les songes de Képler, cet astronome dont Toll avait trouvé l'histoire. Et comme si la réponse avait été donnée, comme s'il soupirait en décompressant, le fauteuil se décrispe et libère Kelper encore tout secoué, mais vivant et renseigné.

 

Ici la description alternative

  Courbaturé et la tête bourdonnante, il fait quelques pas, gagne le pianococktail où il programme un remontant, suivi de quelques pompes et tractions. Le voilà de nouveau à son bureau. Manifestement le fauteuil était content de lui, il entend le cuir qui continue à craquer en se décontractant, mais ce n'est pas gagné. Parce que lui ne sait pas pourquoi. Les choses se sont passées trop vite, trop en condensé. Il faut qu'il fasse un schéma. Il trace sur un papier en les superposant les hallucinations qu'il vient de vivre. Plus ça devient net, plus ça confirme ce qui manque. La lettre d'Eury, parfaitement i-mélée avec les inversions de sexe, n'a rien livré de son contenu. À première vue, la vidéo l'avertissait qu'on lui soutirait des informations, comme s'il les accouchait - mais elles, les info, quelles étaient-elles ? C'est bien ce que je cherche, pense Kelper, que sais-je au fond, et que me veut-on ?
   Il reprend le détail : il est enceint, Soissan détruit, Laquette achète, Mari ferme, tout ça pour l'image d'une délivrance. Ces trois-quatre info collaient bien à la scène de Lapoe ; qu'est-ce qu'apportait la version Kolmes ? Selon Lapan suivant Lapoe, un homme sauvait une reine ; mais suivant Dœuyl, la femme épargnait le roi et le sauveur devenait le dindon. Selon toute vraisemblance c'était bien lui, Zénon, qui avait reçu la lettre - et ce message d'Eury l'exposait comme une femme, en sexe inversé. Mais qu'accouchait-il ? et savait-il seulement si c'était bien elle qui avait monté cette vidéo ?
   A chaque fois que Zénon couche ses formules, elles aboutissent, toujours, à ce qu'Eury avait fait cacher. C'était elle qui jouait la partition à la fin... les rideaux qu'elle avait fait tendre et monter. Détruire la clé, acheter la maison, fermer les ouvertures.. c’était pire qu’un coffrage d’une irrépressible fission, comme un secret qu’on ne savait confiner. Zénon en est maintenant persuadé, c'est dans ce que son avatar a produit que se trouve la fuite et l'information recherchée ; cet indéfinissable truc fourré dans la cour, son symptôme : l'APSO. Il n'y a plus de doute. Il faut qu'il contacte Potar.

  Mais comment faire ? C'est justement pour remplacer leurs rencontres qu'ils ont créé Toll ? Bien sur il y a toujours le fauteuil, mais ça l'a mis dans un drôle d'état et c'est trop tôt pour recommencer. Autrement il faut passer par un prétexte, mais quel prétexte employer ? En rangeant le Lapan, il se trompe d'étagère et s'en rend vite compte. Acte-manqué ! Les sens en alerte, il scrute la place vide. Et se souvient. C'est un livre manquant la place de la clé. Révélation ! Bingo ! une lettre, ça ne fait pas le poids comparé à un livre ! c’est au moins du volume. Voilà matière à contacter son psychanalyste. Il faudra passer par l'interstar ; il allume son ordinateur. Le réseau est infesté par Pof. Ses fournisseurs d'accès aux citoyens enregistreront tout. Il n'hésite pas longtemps ; il passera par la Fausse. Potar, lui se débrouillera.

* * * * *
 

   « Allo! c'est vous, docteur ?
   - Oui, je vous reconnais »
C'est Potar qui répond - ou plutôt son assistant crypto car ni l'un ni l'autre ne doivent laisser savoir qui ils sont ni d'où ils communiquent.
   - J'ai besoin d'une consultation urgente. Vous vous souvenez je vous ai consulté pour une lettre que je n'avais jamais écrite. A présent c'est un livre que j'ai ramené de Lao, le fameux Port
noy Glande* ; est-ce que vous l'avez ? C'est un exemplaire unique.
   - Hum, hum ! Voulez-vous que nous reprenions ? Comment y avez-vous pensé ?
   - Je viens de prendre des mesures par sextemps – j’ai reçu trois visiteurs au sujet d'un mail ; j'ai tout de suite pensé aux trois prisonniers de Lapan suivant Lapoe, et me suis mis au fauteuil à vide pour y réfléchir. C'est un excellent fauteuil. Pourtant il s'est détraqué, et tout juste rattrapé en dupliquant ses coordonnées sur Une Sandale en Bohème. C’est une Aventure de Sherlo Kolmes..
   - Je connais,
l'interrompt le psychanalyste ; vous avez été trop vite avec
La Vidéo Capturée ; Lapan avait fait la même erreur avec cette histoire de Lapoe. Dites-moi tout et nous trouverons la faille. »
Potar a reconnu Zénon maintenant qu’il s’énerve comme lorsqu’il était venu la première fois le voir avec une lettre qu’il ne se souvenait plus avoir écrite, et revenue comme un boomerang. Cette fois-ci, c’est un livre manquant qui motive son anxiété.
  
« Le premier visiteur est venu détruire une vidéo chez moi. C'était anormal, il aurait dû la voler. Après qu’il eut disparu, suivit un enquêteur aux méthodes policières ; c'était encore prévisible : pour le fouiller à son aise, il voulait acheter l'immeuble ! Ensuite l'émissaire elle-même est venue avec son agent..
   - L'émissaire dites-vous !? C'est là où ça cloche.
   - Et comment ! C'est pour ça que j'ai pensé à Glande.
   - Oui, normalement quand une vidéo est volée, c'est d'abord la police qui enquête, comme ça c'est bien passé ; mais après, ce sont les détectives - c'est à dire les agents du récepteur volé ! pas l'émetteur !
   - Alors, vous avez le Glande, ou pas ? »

   La crypto commençait à chauffer. Potar le sentait à la température de son casque. Il n'a jamais rencontré Zénon en Lao, d’où il aurait tenu le livre. Mais ment-il ? S'il suggère que lui, Potar, le détient, c'est qu'en vérité lui, Zénon, ne l'a jamais eu. C'est une négation qui en cache une autre. C'est comme ça que son fauteuil faillit faire une sortie de vide. Que cache-t-il donc qui n'existe pas en avançant quelque chose qui n'a pas eu lieu ? Il faut en rester là, sinon la prochaine fois il rentre dans le mur et la psychanalyste n’est pas là pour ça. Il coupe d'un coup. Zénon soupçonne bien qu'il a raccroché, mais il ne lui en fait pas grief car il sait que lui, Zénon, possède la "révélation" du Docteur Gautieur*, et que Glande ne sert à rien sans elle. Il ne cherchait que la confirmation que son psychanalyste lui a donnée : la clé se trouve dans ce qu’Eury cachait. De la façon la plus grossière, n’est-ce pas l’émettrice qui lui a fait couvrir de tentures la création, ou la créature de Toll ? Il avait vu juste. Il faut qu’il sache ce qu’APSO fait.

* * * * *

   La cour intérieure de l'immeuble de Zénon Kelper était occupée par la Bon Santé, une couverture de Pof. Zénon le savait ; ce n'était pas difficile : le Pof est le propriétaire de toutes les entreprises de couvertures ; le reste coulait de source. Les expériences de Réalité Virtuelle débitaient de la propagande 24/24 et 7/7. Pour y descendre, Zénon revêtit une combinaison de la Fausse ; il savait que c'était risqué d'utiliser deux fois, de façon si rapprochée le même passe-muraille, mais il y avait énormément de touristes qui venaient voir la guerre. Sorti de chez lui, il s'aventura sur la place où les gens passaient en courant aux gré des relents de gaz lacrymogène et de frites. Un camion noir avec un canon le frôla; plein de policiers qui lui crièrent de se pousser, quand il entra dans le laboratoire. Vue du bas, la cour intérieur paraissait beaucoup plus haute, il mesura sans délai la hauteur du débarras où l'APSO luisait malgré tout. Il méditait souvent sur l'incongruité de son reflet que les techniciens de la cour ne paraissaient pas relever. En s'approchant, il sentit la puissante vibration de son détecteur dans la poche. L'APSO était donc communicante. C'était une première information. Presqu'en même temps ses vunettes d'augmentation étincelèrent si fort qu'il craignit d'être détecté. Apparemment pas, les gens continuaient à se disputer ; cette agressivité tenait peut-être de l'APSO-même sinon par le Surveil Urbain qui avait certainement ses sondes ici. Il sortit sans demander son reste ; trop de danger et bien assez d'information. Il fit un grand tour avant de rentrer chez lui. Depuis longtemps Kelper n'avait pas senti si fort les soupçons et menaces indéfinissables peser ainsi ; revenu à l’abri il procéderait au reste de l'examen du haut de son étage.
   Dévêtu de ses capteurs il prend une douche pour se démagnétiser puis les branche aux stockeurs en amènant ses instrume
nts de mesure à la fenêtre intérieure. Soulevant les tentures comme un défi, il braque les botservateurs
* sur tous les angles de la cour. Les petits appareils sonderont toute la nuit en mixant leurs données avec celles qu'il a recueillies en bas durant l'expédition. Le puissant système d'analyse lui rendra son verdict au matin.

   Dans le vent solaire fonçant dans le vide, Potar ne manque pas d'activité. La découverte par Nathalie de son ancêtre mythique, la fondatrice de l'hellénisme, venue sur Taire dans un œuf, enthousiasmait la capitaine qui mettait à jour quantité de données qu’il fallait vérifier. Nath et Toll passaient des journées entières enfermés à computer... Tat n’en pensait pas moins que la libido permettait un contact avec l'avatar de son analysant, par son dupliCs*, ce qui aurait soutenu l’hypothèse qu’une ucmpp détînt un narcissisme . C'était dans un tel moment que Kelper avait demandé un contact direct. Tat rejeta l’idée facile d’une coïncidence bazardeuse* et suspecta la seconde dimension. N'ayant jamais rencontré Zénon ni sa trace lorsqu'il avait visité Lao, il fut certain de la faille prophétisée - d’autant que l’autre le soupçonnait ouvertement lui avoir fait voler le Port Glande ! Il vérifia donc qu'il n'y en avait aucun signe à travers Toll non plus, puis consigna le tout à traiter ultérieurement. Le temps le pressait de devoir rendre à Nathalie, un récapitulatif sur la fonction créatrice du signe. Comme par hasard.

   Le lendemain Zénon s'éveilla sur un rêve : le livre qu'il avait cherché en sortant du fauteuil devait expliquer ce qu'il avait dans le ventre, selon la vidéo d'Eury qui le montrait enceint, et qui nourrissait la machine de Toll. Il y vit un encouragement, confirmé par la consultation des résultat du comparatif : le comportement nocturne d'APSO et la collection de données rapportées de son expédition dans la cour, avaient parfaitement coïncidé. Les bots observateurs derrière les fenêtres durant des heures, et l'instantané d'une réalité augmenté, fournissaient un résultat quantifiable : nulle trace de vie ; il n’y avait rien de biologique dans l'APSO ! C'était un choc, parce qu’il confirmait qu’il restait lui-même ; mais une contrariété pernicieuse allait saisir le psychohistorien ; il signifiait aussi qu’il n'y avait aucun lien entre les trois visiteurs et le produit de son avatar !.. Tout se serait expliqué en joignant la révélation de Gautier sur la glande sexuelle interstitielle, à la matrice hypophysaire de Glande généralisée au cerveau : l'avatar aurait simplement reproduit le modèle de la structure endocrinienne de son ratava. Mais APSO aurait eu des hormones, et avec le résultat actuel, Zénon Kelper n'expliquait plus rien.
   Il savait bien qu’il était cependant seul à le comprendre. Contrarié, à reculons il s'enfonça dans le fauteuil à vide, en réglage bouda et mode appel ; il attendrait le temps qu'il faut mais y resterait jusqu'à ce que Tat le rejoigne à nouveau. Ils devaient en parler.

 

 

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